Nous avons à cœur de mettre en lumière les talents qui transforment leurs connaissances techniques en projets à forte valeur ajoutée. Aujourd’hui, nous vous présentons Sébastien Pasquier, à la fois étudiant en formation Génie Mécanique à la Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture (HEPIA) et fondateur de FlexiStrap, la start-up incubée chez Pulse qui propose une solution biomécanique capable de soulager les soignant.e.s, d’optimiser le temps de prise en charge et de contribuer concrètement à la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS).
Sébastien a remporté en 2025 le Prix Coup de Pulse, décerné aux personnes qui ont terminé la première phase d’incubation avec succès, qui s’impliquent pleinement dans la communauté de Pulse et dont le projet revêt un impact particulièrement positif pour la planète.
En plus d’être l’un des visages que l’on voit le plus souvent sur le campus, Sébastien fait preuve d’audace et d’engagement dans son projet. Il a notamment pris un vol pour Dubaï afin d’assister à un salon spécialisé dans le domaine de la santé et d’explorer de nouveaux horizons à travers son projet.

Quel problème concret as-tu identifié à l’origine de FlexiStrap, et comment ta solution y répond-elle ?
Maintenir, tourner ou soulever un patient alité sont des tâches récurrentes dans le quotidien des soignant.e.s, particulièrement en EMS et en soins à domicile. Ces efforts provoquent des douleurs, du stress et nécessitent souvent l’intervention d’au moins deux professionnels. En conséquence, les blessures sont fréquentes et les arrêts de travail nombreux.
FlexiStrap développe un système mécanique destiné à assister les mouvements des soignant.e.s en réduisant la force nécessaire tout en garantissant une posture ergonomique et sécurisée. Un.e seul.e soignant.e peut ainsi soulever, tourner et maintenir le patient dans différentes positions pour réaliser les soins, la toilette ou préparer un transfert, sans avoir à faire le tour du lit ni déplacer du mobilier dans des espaces restreints. Le gain de temps est important et le confort du patient est amélioré.
Comment as-tu vérifié que ce besoin existait réellement sur le terrain avant de développer ton produit ?
J’ai commencé l’aventure d’une manière peu conventionnelle. Habituellement, on part d’un problème précis pour concevoir une solution. De mon côté, je voulais d’abord créer quelque chose d’utile pour améliorer concrètement le quotidien de nos aînés, notamment face aux efforts physiques qui limitent leur autonomie, sans savoir encore exactement pour qui ni comment.
J’ai donc mené une enquête de terrain et compris que prendre soin des personnes âgées, c’est aussi prendre soin de celles et ceux qui les accompagnent. Grâce à l’OCIRT, j’ai identifié que les soignant.e.s en EMS et en soins à domicile sont particulièrement exposé.e.s aux troubles musculosquelettiques. En échangeant directement avec eux, j’ai rapidement compris que j’avais mis le doigt sur une problématique majeure et que je savais désormais qui je voulais aider. Restait encore à découvrir comment.
Tu reviens de la foire World Health Expo à Dubaï. Quels retours t’ont le plus marqué de la part d’utilisateurs, d’investisseurs ou d’experts ?
À peine arrivé dans l’immense salon, un exposant m’a demandé de pitcher mon idée en anglais. Je dois avouer que ce premier essai n’était pas très glorieux, j’étais encore un peu perdu, mais au moins j’ai été directement mis dans le bain.
Au fil des échanges, j’ai pu m’adapter et nouer de nombreux contacts à travers le monde. J’ai constaté que la problématique est internationale et que ma solution suscite un réel intérêt. Je me réjouis de ces futures collaborations, tout en restant vigilant quant à la protection de la propriété intellectuelle.
Pendant la première phase de Pulse, quelles stratégies as-tu mises en place pour collecter du feedback sur FlexiStrap ?
Une fois que je savais qui je voulais aider, il a fallu mener une nouvelle enquête pour comprendre concrètement comment le faire. Je me suis présenté spontanément à l’accueil de plusieurs EMS genevois afin d’obtenir des entretiens et d’organiser des périodes d’observation sur le terrain auprès des soignant.e.s et des patient.e.s. Cette immersion m’a permis de découvrir la réalité de leur quotidien, un peu comme dans les documentaires consacrés aux services d’urgence.
L’objectif était avant tout d’écouter et de comprendre, notamment les situations où les soignant.e.s ressentent des douleurs ou des difficultés physiques. Le plus difficile a été de rester dans cette posture d’observation sans se précipiter vers une solution. Pour recueillir des retours aussi sincères que possible, j’essayais d’adopter une certaine neutralité vis-à-vis du projet.
Y a-t-il eu un retour ou une réaction que tu n’attendais pas du tout et qui a fait évoluer ton projet ?
Je tiens à saluer l’engagement de Myrlande Buendia du cabinet infirmier Rayon de Soleil. Je l’avais initialement contactée dans le cadre de ma première enquête, mais son intérêt pour le projet a largement dépassé ce cadre. Elle continue aujourd’hui à m’apporter régulièrement des conseils précieux et nous envisageons même une collaboration avec l’un de ses patients.
Par ailleurs, depuis septembre, je suis entouré d’un groupe d’étudiants de ma classe à l’HEPIA et nous travaillons sur la partie ingénierie du projet. Une véritable dynamique collective s’est installée et cette énergie commune contribue fortement à faire avancer FlexiStrap.
Tu seras présent au Salon international des inventions de Genève. Avec quelle ambition ou mission pour FlexiStrap ?
C’est un rêve d’enfance qui se réalise. J’ai toujours rêvé de devenir « inventeur », donc participer à ce salon est à la fois un honneur et une forte source de motivation pour le projet. J’espère pouvoir challenger la solution et recueillir des retours d’utilisateurs afin de continuer à l’améliorer.
Je me réjouis également de découvrir les autres inventions présentées et d’échanger avec leurs créateurs et créatrices. Ce sera aussi l’occasion de nouer des contacts clés pour la suite du projet, que ce soit pour la fabrication, la distribution ou les démarches de certification.
En résumé
Sébastien Pasquier explique comment l’écoute active du terrain, les enquêtes auprès des soignant.e.s, les retours des foires et les observations en EMS permettent à FlexiStrap de faire évoluer son produit grâce au feedback.

Toute l’équipe Flexistrap, de haut en bas, de gauche à droite : Virgile Edinger, Sébastien Pasquier, Nicolas Richard, Rémi Guerinet et Diogo Da Costa.