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L’Edito par Antonio Gambardella

Antonio Gambardella Fongit startup

Nous avons discuté avec Antonio Gambardella, directeur de la Fondation Genevoise pour l’Innovation Technologique (FONGIT – www.fongit.ch), du parcours que suivent les startups suisses pour devenir des entreprises prospères et durables.

Lorsque l’on examine l’écosystème des startups technologiques à l’échelle mondiale, une série de paramètres soigneusement sélectionnés permet d’en mesurer la solidité. L’une de ces mesures est la capacité à attirer des fonds de tiers pour financer leur développement. La Suisse a montré que lorsqu’il s’agit de lever des fonds, nos startups technologiques sont fières de réaliser des chiffres plus élevés chaque année. En 2021 seulement, les startups du domaine technologique en Suisse ont levé 3,2 milliards de fonds en comparaison à l’année précédente. Cela représente une augmentation d’environ 50 % par rapport à 2020. Et nous ne sommes qu’au début de cette tendance.

Non seulement ces jeunes entreprises entrent dans la cour des grands en matière de collecte de fonds, mais surtout, et comme conséquence naturelle, elles génèrent continuellement de nouvelles opportunités d’emploi. Si l’on regarde le canton de Genève et le canton de Vaud, il est clair qu’une partie de plus en plus significative des nouveaux emplois proviennent du secteur technologique. Nous entrons véritablement dans l’avenir du travail grâce à des entreprises telles que Nexthink, Proton, Mindmaze, Alohi, qui créent de nouveaux types d’emplois qui n’existaient pas encore il y a quelques années.

Toutefois, ces résultats ne sont pas le fruit d’une réussite du jour au lendemain. Nous devons reconnaître que ce que nous voyons aujourd’hui existe depuis quelques années. Que ce soient les entreprises florissantes, où même certaines licornes suisses, celles-ci doivent être considérées comme une exception démontrant un modèle qui commence à donner des fruits dans sa globalité. Le cycle d’innovation d’une entreprise, défini dans ce cas comme la capacité à transformer une idée en valeur économique, prend du temps, beaucoup de temps. C’est comme courir un marathon sur la durée, au rythme accéléré d’un sprinter. Nous récoltons aujourd’hui les fruits des graines plantées il y a une quinzaine d’années. Diverses études ont montré que les entreprises ne se développent rapidement en taille et nombre d’emploi qu’à partir d’environ 6-7 ans. L’exemple de Sonar Source est excellent pour le canton de Genève, car l’entreprise a été créée en 2008 et n’est devenue une licorne (c’est-à-dire, une entreprise avant une valorisation à plus d’un milliard de CHF) qu’en 2022.

Mais ce résultat ne peut être atteint seul. Travailler dans un environnement en réseau, comme celui que nous avons créé à la Fongit, déclenche et accélère de nouvelles connexions, opportunités et collaborations. Cela permet à tous les entrepreneurs et acteurs de l’écosystème de faire les choses mieux, plus rapidement et plus efficacement. Comme le dit le proverbe « il faut un village pour élever un enfant » et de même il faut toute une communauté pour créer un écosystème de startups puissant et durable, au bénéfice de tous.

La question demeure : Pouvons-nous accélérer le rythme afin de récolter les fruits de ces efforts plus rapidement ? Nous le pouvons certainement, mais à condition de rester ouverts et favoriser les collaborations parmi les parties prenantes qui soutiennent l’innovation. C’est pourquoi les interactions de plus en plus étroites entre les acteurs clés de l’écosystème, tels que Pulse et Fongit, sont indispensables pour aller plus loin et plus vite ensemble dans l’innovation, en contribuant à créer l’économie de demain et l’emploi du futur.

Antonio Gambardella, directeur de la Fongit